PATRIMOINE
UN ÉLÉMENT MAJEUR DU PATRIMOINE ARCHITECTURAL DE LA
HAUTE-MEUSE
Le premier objectif de l’événement est la mise en valeur d’un patrimoine dont le côté exceptionnel n’a échappé à aucun amateur depuis
plus d’un siècle, mais dont l’état de conservation reste très précaire.
L’édifice est
classé comme monument par arrêté royal du 1er février 1937 et comme site par arrêté de l’exécutif du 20 décembre 1932. Le plafond est reconnu comme patrimoine majeur de
Wallonie.
Il s’agit d’une église de pèlerinage qui domine largement le petit village condruzien de Foy et dont la taille est
justifiée par un besoin d’accueil dépassant le niveau de la population locale. Selon la tradition l’édifice a été conçu par l’artiste dinantais Michel Stilman, aidé de son frère Gaspard et du
peintre Michel Goblet. Il est encore fortement imprégné des traditions stylistiques de la Renaissance, bien que l’esprit baroque se manifeste dans la disposition du chœur. L’organisation
architecturale témoigne d’une conception nouvelle de la liturgie formulée au concile de Trente. L’iconographie particulièrement riche reflète les préoccupations théologiques de la contre-réforme
catholique qui oppose une réponse claire au mouvement protestant né quelques décennies auparavant.
L’élément majeur de l’édifice en est le plafond constitué de 145 panneaux peints représentant des scènes de la vie de la
Vierge Marie et des portraits de saints. Il s’agit d’un élément exceptionnel, sans doute unique au monde. Quelques plafonds à caissons de cette époque persistent en Wallonie, mais aucun ne
présente un ensemble aussi vaste et complet.
Bien qu’ayant été victime de plusieurs actes de vandalisme au cours du 17ème siècle, l’édifice nous est parvenu quasi tel
qu’il a été conçu. Seuls les confessionnaux et le tabernacle, de facture 18ème mais bien intégrés dans l’ensemble, ne font pas partie du travail d’origine qui fut élaboré sur l’espace de quelques
années seulement.
Il s’agit donc d’un monument très homogène et très significatif des
aspirations religieuses et artistique du début du 17ème siècle.
Le bâtiment a subit plusieurs campagnes de restauration au cours des 19 et 20ème siècles. La plus importante date de 1909
et se situe dans le cadre d’une remise en valeur du sanctuaire à l’occasion du tricentenaire de la découverte de la statuette miraculeuse. Les panneaux du plafond furent démontés et restaurés en
1935 par le peintre namurois Joseph Claes. Ayant subit depuis d’importantes variations de température, les peintures se sont à nouveau profondément dégradées et nécessitent aujourd’hui un
traitement radical.
Le 400ème anniversaire constitue une occasion de faire prendre conscience tant au grand public qu’aux autorités politiques
ou scientifiques de l’importance et de l’urgence de relancer le dossier de restauration.
TOURISME
UN HAUT LIEU MÉCONNU
La région de la Haute-Meuse dispose de nombreux monuments importants qui justifient son attrait. Foy-Notre-Dame en est un des plus
importants. Proche du château de Vêves et de l’église romane de Celles, elle partage d’ailleurs une partie de son histoire avec ces monuments.
Le site combine intérêt paysager et artistique. Il complète une longue liste d’édifice religieux de première importance
tels les églises romanes de Celles et d’Hastière, les édifices gothiques de Dinant ou de Bouvignes, les abbayes de Leffe ou de Maredsous. Dans cette optique, l’église de Foy constitue un maillon
unique dans nos régions entre l’architecture médiévale et et celles des temps modernes.
Les guides touristiques conventionnels, de même que ceux axés plus sur un tourisme proche de la nature, ne consacrent à
Foy-Notre-Dame que quelques lignes insuffisantes pour attirer l’attention du public.
D’autre part, la notion de pèlerinage évoque les sentiers de pérégrination, qui y conduisent traversant campagnes et bois
du Condroz. Dans une région dont le tourisme est en lien étroit avec la nature, la valorisation d’itinéraires ancestraux offre une intéressante association entre nature et histoire.
CULTURE & TRADITIONS
UN PASSÉ RICHE DE SIGNIFICATIONS ET DE GESTES
L’histoire de Foy-Notre-Dame est riche en évènements, signification et traditions. Elle survient à l’issue de la tourmente iconoclaste qui fit le malheur de nos régions à la fin du 16ème
siècle, et est promue par les archiducs Albert et Isabelle qui tentent de pacifier les Pays-Bas du Sud dont ils sont les souverains.
Devenu lieu de pèlerinage à la suite des épidémies de peste, des traditions pérégrines hautes en couleur se sont
maintenues jusqu’à nous. Elles sont nées de ce besoin d’implorer les puissances célestes lorsque les misères du temps s’abattent sur une population désemparée et sans remèdes.
L’année FND 2009 propose un ensemble de projets visant à se remémorer des pages difficiles de notre histoire, à en
approfondir la compréhension et revivifier les gestes et pratiques d’autrefois. Donner du sens aux monuments importe autant que d’en assurer la survie.
La Confrérie Notre-Dame de Foy de Rochefort perpétue le pèlerinage
traditionnel sous les armes et rehaussera avec tout son cortège de seigneurs, cavaliers, fantassins et charroi d’époque plusieurs manifestations durant l’année anniversaire.